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Introspection

Pendant longtemps ma vie entière était une sorte de train-train. Très belle et heureuse routine certes, mais c’était une sorte d’habitude.

Je ne suis pas du tout en train de me plaindre, bien au contraire, je repense à ces moments de vie d’y il a quelques années et cette période me nourrie encore.

J’étais à 5 min à pieds du boulot, je marchais au bord du lac souvent pieds nus d’ailleurs: mon éternel souvenir d’avoir été Pocahontas dans une autre vie (article à ce sujet ici). Aller bosser en passant devant des cygnes sur une grande étendue d’eau entourée de montagnes, c’était vraiment beau!

J’avais un super job où je m’éclatais en tant que directrice artistique junior. Nous étions 2 avec ma boss dans cet atelier de communication, et les presque 6 ans de collaboration nous on rendues amies et ultra soudées.

Je rentrais à la maison chaque midi (vu que j’étais vraiment à côté). Je me souviens de ces pauses passées à jardiner sur notre balcon ou lisant une BD au soleil comme les chats et les tortues. Sulli rentrait souvent lui aussi. La petite famille se retrouvait donc ♥

La cloche des 2 écoles en bas de chez nous et les cris des enfants venaient me rappeler que sonnait l’heure de retourner à l’agence.

Je repassais donc devant ce magnifique bord du lac qui était sur tout mon chemin. Boulot, boulot. Puis, je retournais à la maison en profitant encore de ce grand bleu et de ces nouvelles couleurs de fin de journée.

Nos soirées étaient souvent bercées par des apéros le cul dans l’herbe, les pieds dans l’eau. On profitait aussi le plus souvent possible de contempler chaque couchers de soleil. On vivait quand même à 30 mètres du lac ♥ Je n’oublierai jamais cette vue.

Puis, venait l’heure de se coucher pour être prêt à faire les mêmes choses le jour d’après.

C’était vraiment une belle vie, je suis reconnaissante d’avoir eu et profité de tout cela.

Mais il y avait quand même ce petit truc qui fait que l’on se languit les week-ends et les vacances…

Et puis suite à un licenciement économique, j’ai décidé que ce ne serait plus pour moi.

J’avais beau faire un métier qui me plaisait, ma véritable passion a toujours été le végétal. J’ai une sorte de besoin viscéral de mettre les mains dans la terre. De créer en touchant la matière.

Je rêvais en secret d’un emploi qui me ferait expérimenter les différentes sensations de chaque phase de ma vie.

Et là, j’ai eu l’opportunité d’aller travailler dans une ferme pédagogique privée et de créer un jardin potager pour un jeune homme autiste ne parlant pas du tout.

Venant de la communication, ça a été une expérience très enrichissante mêlant nature et apprentissage. J’ai également pu mettre en place un programme d’activités créatives ainsi que des moments avec les différents animaux de la ferme pédagogique. Puis l’année suivante fût le temps de l’éducation, des soins et du dressage des 40 chevaux présents. (J’avais d’ailleurs fait un terrarium à ce sujet ici) Le cheval est un véritable miroir…

Bref. Moi qui voulait ce retour à la terre, j’ai été servie!

Une reconnexion au corps, à mon corps qui a été libératrice. Après plusieurs années à travailler assise devant un écran, me ratatissant et devenant myope, j’ai à nouveau pu m’étirer et me sentir bien. Évidemment beaucoup courbaturée au début car c’est un travail très physique, on est au grand air tout le temps. Mais plus les jours passent, plus je suis devenue libérée, délivrée! HAHA 😛

J’ai appris à accueillir le nouveau avec une vraie joie de vivre et des idées claires.

Je vous raconte la suite au prochain épisode?

©Lisa Greve